Compte-rendu et vidéo: Sans pesticides, c’est possible! avec Marc Dufumier 2


Merci à Jocelyne pour ce compte-rendu de la conférence . La vidéo de la conférence est à la suite de l’article! Merci à Mr Cellerier.

Pour aller plus loin(tableau en bas de page) https://www.anses.fr/fr/content/suivi-des-ventes-dantibiotiques-vétérinaires

Compte-rendu:

A.  Quels sont les enjeux ? :

  • Il y a 7,7 milliards d’hommes à nourrir à l’échelle mondiale.

problème de quantité

Les pays du Sud sortent de l’extrême pauvreté (Chine, Viêt-Nam) 820 millions de gens ont faim (il faut 2200 calories en moyenne par jour par individu),1 milliard d’hommes sont en carence nutritionnelle – ce qu’il ne faut pas confondre avec un manque de nourriture.

En effet il faut 200kilos de céréales (pommes de terre, manioc, banane plantain,…) par habitant et par an et on en produit 230. Ce n’est pas un problème de quantité.

C’est donc un problème de pouvoir d’achat                                                                                                                                 

Ainsi au Brésil, les gens ne peuvent s’acheter du soja qui nourrit en France les animaux.  Les 2/3 des gens qui souffrent de la faim sont des paysans qui ne parviennent pas à être compétitifs. Les gens s’entassent dans les bidonvilles.

  • Autre enjeu : les considérations environnementales (lutte contre les algues vertes, le désherbant dans l’eau du robinet…)

problème de qualité (interdire les perturbateurs endocriniens, hormones…)

Il faut entretenir l’humus dans les sols : il y a problème de la fertilité des sols. La surmortalité des abeilles et autres insectes pollinisateurs notamment aux Etats-Unis prouve qu’il y a un déséquilibre dans les écosystèmes et un problème  qu’on laisse aux générations futures.

IL FAUT DONC PRODUIRE MOINS MAIS MIEUX.

IL FAUT AUSSI RETROUVER NOTRE INDEPENDANCE EN PROTEINES VEGETALES (haricots) dont nous sommes aux 2/3 déficitaires (On importe notre soja du Brésil).

→ Cette souveraineté protéïnique est fondamentale

Quel est le contexte ? : un réchauffement climatique global qui fait avancer la date des récoltes et pose le problème de la conservation de la qualité d’un terroir.

       B.   Tout cela a été prédit il y a 30 ans par le GIEC mais on n’en ressent les effets que maintenant. On n’a pas voulu croire aux prévisions.

Pourtant les dates de migration des oiseaux ont changé, la date des vendanges a été avancée d’une dizaine de jours…Devant l’ampleur des transformations il faut un changement radical : l’arrêt du glyphosate sur 3 ans est très loin d’être suffisant.

Face au climat aléatoire (l’effet de serre c’est sérieux), il faut un système résilient qui permette de résister et de s’adapter. Produire une agriculture non diversifiée est une erreur

Les gens qui ont différé le changement nécessaire devraient être inculpés :

On sait que les consommateurs sont exposés depuis in utero jusqu’à la fin de leur croissance aux perturbateurs endocriniens Cela implique pour les générations à venir :

→ une espérance de vie moindre de 10 ans

→ des maladies : lymphome, Parkinson, Alzheimer, maladies neuro-dégénératives…Les endocrinologues en ont démontré les relations de cause à effet.

 C.  Comment est-on arrivé à cette agriculture industrielle?                          

Les agriculteurs n’en sont pas responsables : ils ont été mal conseillés par omission.

L’Agroécologie (science qui se propose de  réduire l’empreinte environnementale et de  tenir compte de la biodiversité. ) observe le fonctionnement des systèmes agricoles.

Les systèmes agricoles modifient  les écosystèmes SANS prendre en compte les préjudices pour les générations futures. En effet tout travail du sol a un impact sur les organismes vivant dans le sol, insectes  par exemple. Il faut faire attention aux interactions. Et ne pas créer de déséquilibre.

Il y a nécessité d’une alliance entre les savoirs anciens et la compréhension des agro-écologues. Les agriculteurs eux ne font que ce qui leur a été demandé, par exemple des tomates calibrées.

    D. ESPOIRS : On peut néanmoins garder un certain optimisme :

  • Le soleil :

 L’énergie que l’on trouve dans l’alimentation provient du soleil .Il n’y aura pas de pénurie solaire

→ il faut en faire un usage intensif en maximisant la photosynthèse.

La couverture végétale doit être la plus totale possible et permanente.

Ainsi au Mexique on associe maïs, légumineuses, pastèques, cucurbitacées de façon que chaque rayon du soleil tombe sur une des cultures.

L’association végétale est indispensable à l’agriculture

  • Le CO2 :

Il constitue la partie carbonée de l’alimentation. S’il y en a trop dans l’atmosphère, c’est un des  gaz à effet de serre.

Pour se nourrir, la plante utilise le CO2  qui rentre par les orifices qui servent à la respiration et à la transpiration ; par le processus de la photosynthèse elle libère de l’oxygène. Mais La plante peut aussi  fermer ses orifices si elle en ressent le besoin (sécheresse) : elle empêche alors l’oxygène de ressortir et ne stocke plus de carbone.

Alors pour pallier le manque d’eau,  on pompe dans la nappe phréatique :

→ il faut revoir aussi la gestion de l’eau

Pour que les eaux de pluie s’infiltrent dans le sol, celui-ci doit être poreux. Or le labour oxygène exagérément les sols  ce qui provoque la perte de carbone  et la libération de CO2.

→ il vaut mieux faire confiance aux vers de terre et aux racines des plantes qui empêchent aussi le ruissellement. Il faut considérer les herbes comme des auxiliaires non comme des concurrents.

  • L’azote :

Pour enrichir les sols en humus qui va séquestrer le carbone, il faut un peu d’azote (5,6%) qui permet la décomposition des matières organiques et  aide les microbes. Les plantes s’alimentent dans le sol à partir de cet azote minéral et le transforment en protéines, composantes essentielles de la vie pour l’homme et les animaux. L’azote est présent dans l’atmosphère, dans des proportions bien supérieures au carbone, puisqu’il représente 79 à 80 % de l’air que nous respirons.

Si la plante manque d’azote (ruissellement, monoculture, sols appauvris…) on peut y remédier par 2 méthodes :

  • En mettant un engrais azoté de synthèse MAIS c’est du passé. Il s’agit d’une énergie fossile importée de Norvège ou Russie. .
  • L’alternative est la culture de légumineuses qui libèrent dans le sol l’azote qu’elles absorbent et qui servira aux cultures qui viendront postérieurement.
  • En Brie il faut rétablir l’association culture/élevage: remettre les animaux  d’élevage sur la paille. Cela produit du fumier  qu’on remet ensuite dans le sol ce qui permet d’éviter l’épandage d’azote  qui est une des causes du réchauffement climatique et de pollution de l’eau.
  • Le potassium :

C’ est le troisième des trois nutriments primaires requis par les plantes, avec l’azote) et le phosphore . Pour le calcium il n’y aura pas de pénurie : le calcaire est abondant. Pour le phosphore, il faut envisager que l’exploitation des mines de phosphate va devenir de plus en plus onéreuse.(On en réduit déjà l’utilisation dans les lessives).

Une terre argileuse est riche en potassium.mais celui-ci est coincé entre les feuillets d’argile. Seuls les filaments des champignons sont capables de le déloger.

  • Les champignons mycorhiziens

Les champignons mycorhiziens stimulent la croissance des plantes qu’ils colonisent.  Ces champignons protègent celles-ci contre les pathogènes qui s’attaquent à leurs racines et leur fournissent la force de surmonter la sécheresse, la salinité du sol et les températures extrêmes. Autant de bénéfices qui permettent de réduire, voire d’abandonner, l’usage des pesticides et des fertilisants.

Autres éléments importants :

  • Il faudrait remettre des arbres : En s’altérant, la roche mère met à disposition des plantes les minéraux dont elles ont besoin mais du fait de leur profondeur dans le sol, les seuls végétaux capables de les atteindre sont les arbres avec leurs racines.
  • Les haies ont un rôle majeur : elles contribuent à améliorer la productivité. Elles agissent pour protéger du vent, du ruissellement et logent coccinelles, carabes ou autres animaux auxiliaires 

LES MULTINATIONANLES de l’agroalimentaire  ONT PRIS LES DEVANTS : elles se sont mises à vendre du bio mais ce sont souvent des produits qui ont été transportés sur de longues distances.

 Il ne s’agit pas de reproduire l’agriculture des grands-parents mais de l’enrichir des connaissances actuelles comme par exemple généraliser  les rotations culturales longues afin d’éviter l’épuisement des sols.

CONCLUSION : Chacun d’entre nous doit changer de comportement dans son alimentation et accepter  de payer un peu  plus cher lorsque les  produits sont sains, nutritifs et cultivés localement par  des paysans correctement rémunérés.

Les parents d’élèves peuvent faire bouger les lignes.

L’antibiorésistance liée à l’usage des antibiotiques dans l’élevage a fait débat. Ce tableau vise à informer . Source: https://www.anses.fr/fr/system/files/ANMV-Ra-Antibiotiques2018.pdf

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

2 commentaires sur “Compte-rendu et vidéo: Sans pesticides, c’est possible! avec Marc Dufumier

  • SIFFRE

    j’ai eu le plaisir d’assister à la conférence ce mercredi.
    je travaille moi-même sur le sujet depuis quelques temps. Je suis ancien du CNRS mais pas dans cette discipline (en physique).
    je rédige un article pour un journal qui s’adresserait aux agriculteurs. Il est tout à fait dans la ligne de la conférence.
    puis-je communiquer avec vous pour améliorer mon article? Je peux vous envoyer le projet (à ne communiquer à personne avant correction définitive).
    j’aimerais avoir des articles de presse sur la conférence si il y en a.
    Merci
    cordialement
    Jean-Marc SIFFRE

    • phasecitoyenne Auteur de l’article

      Bonjour
      C’est avec intérêt que nous prendrons connaissance de votre projet d’article (en interne à notre association). Le bureau collectif se réunit prochainement et j’aurai plaisir à leur communiquer votre article pour des échanges plus nourris. Nous reviendrons ensuite vers vous.
      Merci pour votre engagement!
      Vous pouvez nous envoyer votre article par mail : phasecitoyenne@yahoo.fr